Johann Zarco et son coéquipier Takumi Takahashi se sont imposés lors de la 46e édition des 8 Heures de Suzuka. Une victoire emplie de records puisque c’est le 2e succès de rang pour le français, le 4e consécutif pour Honda et le 7e pour son coéquipier. Coté teams permanents, la finale du Bol d’Or s’annonce explosive avec pas moins de 6 équipes qui pourront viser le titre.
Johann Zarco bis repetita

Meilleur temps des essais chronométrés, meilleur temps de la Superpole, la Honda CBR 1000 RR du HRC était la grande favorite de cette 46e édition des 8 Heures de Suzuka. Restait à savoir comment le duo de la 30 allait composer avec la météo harassante de cette 46e édition. A deux pilotes face au trio de la Yamaha il y avait de quoi se montrer non pas inquiet mais prudent. Le doute va vite être levé. Auteur d’un premier relais performant, Takahashi passait le relais à Johann Zarco en tête de l’épreuve. Le Français va ensuite assommer la concurrence en prenant 40 secondes d’avance sur la Yamaha 21 sa principale et unique rivale. Au terme des deux premiers relais la messe était dite et sauf catastrophe la Honda et ses deux pilotes filait vers la victoire.
Johann Zarco la frayeur du Safety Car
De catastrophe il n’y eu point, mais de l’émotion oui. A un peu plus d’une heure de l’arrivée, un Safety Car entrait en piste. Mauvaise pioche pour la Honda et Zarco qui venait d’en prendre le guidon, la voie des stands se fermait devant lui. Contraint d’attendre le passage de la voiture de sécurité du deuxième groupe, le français rétrogradait en deuxième position au provisoire avec un débours de 10 secondes environ. Après avoir mené toute la course la victoire allait donc lui échapper ? Heureusement la Honda avait un autre atout dans son jeu que ses deux pilotes. Une consommation minimaliste qui lui permettait de faire des relais de plus d’une heure. La Yamaha en étant incapable.
De fait, Zarco partait pour un relais plein alors que la Yamaha devait repasser par son stand. Jack Miller envoyé à l’assaut du temps perdu n’y changera rien. Takahashi et Zarco s’imposaient pour la deuxième année consécutive, la quatrième de rang pour Honda, la septième pour le pilote japonais, un record.
La Suzuki SERT sur le podium
De record il n’est pas encore question pour le SERT même si pour la deuxième année consécutive le team franco japonais termine sur le podium. Troisième comme l’an passé, l’équipe de Damien Saulnier a réalisé la bonne opération de ses 8 Heures de Suzuka. Pourtant tout a failli basculer lorsque Dan Linfoot qui venait de prendre le relais de Gregg Black, partait à la faute. Heureusement et comme souvent la Suzuki ne souffrait pas de cette longue glissade dans les graviers. Linfoot reparti, le Britannique s’employait pour réparer sa bévue. Ce sera la seule alerte de l’équipe. Revenue dans le top 5 la championne du monde en titre reprenait des places grâce à ses ravitaillements performants. Jusqu’à buter sur le Honda 73.
Le bras de fer de Black avec Abe
Cette Honda, semi officielle et la Suzuki du SERT vont offrir aux spectateurs présents un superbe bras de fer pendant quasiment un demi relais. Gregg Black s’efforçant de garder le contact sur les phases de freins quand la Honda s’échappait sur les accélérations. Grâce à ce relais d’anthologie, le franco britannique permettait à la Suzuki de garder le contact sur la fin de course et attendre le ravitaillement supplémentaire de son adversaire. Obligée de repasser par les stands la Honda 73 était contrainte d’abandonner la dernière marche du podium à la championne du monde. Un podium synonyme de gros points et d’un retour dans le groupe de tête au classement pour les Suzuki boys. Car derrière la Suzuki, première machine classée des teams permanents du championnat, tout le monde n’a pas eu de réussite à Suzuka…
Un Bol d’Or de folie à l’horizon
On pense en premier lieu au team Yamaha YART arrivé à Suzuka en tant que leader du championnat. Toujours performant sur le tracé japonais, la structure autrichienne a, à n’en pas douté, souffert de la présence du Team Yamaha usine cette année. A-t-elle était desservie ou du moins pas aussi bien accompagnée que par le passé ? Une chose est sure elle n’était pas aussi performante qu’à l’accoutumée. 3 chutes plus tard et des problèmes mécaniques à répétition auront raison d’elle. Mandy Kainz le team manager lachait laconiquement « On va oublier Suzuka et se concentrer sur la prochaine épreuve. » Une évidence vu que son avance au championnat n’est plus que d’un point. Pire avec cet abandon, six équipes se sont replacées ou sont toujours en lice pour le titre. Le Bol d’Or mi septembre s’annonce donc explosif et le Paul Ricard sera le juge de paix impitoyable de ce dénouement.
La BMW 37 sonne la charge
Car si la Yamaha du YART a perdu gros derrière elle, la BMW 37 a réussi un joli coup. Bien sur la chute de Van Der Mark l’a empéchée de prétendre au podium mais en terminant cinquième, elle revient à un point. Huitième ou peut être même septième, on parle d’un déclassement pour la machine 40, la Kawasaki 11 a bien négocié ce rendez vous de Suzuka. Ramos, Di Meglio et Leblanc se sont battus avec les armes dont ils disposaient et on fait bien mieux que de limiter les dégâts.
S’ils se voient désormais devancés par la BMW au championnat ils ne sont qu’à 5 points du leader. Au Bol et sur 24 Heures de course ce serait une erreur de ne pas les considérer. Grâce à son podium le SERT revient en quatrième position avec 15 points de retards sur le leader et derrière la BMW ERC et la Honda FCC restent encore mathématiquement dans la course. Elles comptent respectivement 20 et 30 points de retard mais comme il y aura 65 points à récupérer au Bol tout reste possible.


